   Le samedi c'est le grand jour.
Après un petit-déjeuner dans la salle à manger pathétique de l'hôtel, nous nous engouffrons dans un minibus avec notre guide, une jeune chinoise que Marion ne cessera de maudire pour son anglais approximatif.
Elle n'a pas un rôle facile, essaie de nous instruire sans nous submerger d'information.
Hélas, nous avons tous des heures de route au compteur et il semble que les membres du groupe décrochent rapidement. On évite soigneusement de regarder la guide se battre avec son microphone aussi gros qu'un cône miko recouvert d'un filet anti-postillons serré par un élastique autour du bulbe métallique.
Avant d'arriver à Banpo nous remontons une longue avenue est-ouest sur laquelle les personnes agées viennent chanter entourés de musiciens. A travers les vitres entrouvertes, au feu rouge, nous percevons la mélodie des flûtes et d'autres instruments locaux.
Le village de Banpo est en réalité un musée érigé sur le lieu de fouilles archéologiques ayant mis à jour dans les années 70 un site néolithique.
A part de belles images de synthèse sur des écrans d'ordinateur expliquant le montage des huttes et quelques fosses de fondations, il n'y a pas grand chose à voir. J'en profite pour laisser Titouan courir partout, c'est un régal et un excellent prétexte pour échapper
au cours de préhistoire dispensé à mes camarades moins chanceux.
Vient ensuite la visite d'une fabrique de guerriers en terre cuite. Afin que nous sachions comment ont été fait ceux que nous allons voir bientôt.
C'est assez beau de voir des artisans, uniquement des femmes, faire semblant de sculpter la terre. Certaines le font pour de vrai mais on n'y croit plus, l'objectif étant de nous amener dans une boutique où se vendent des petits soldats, des vases de porcelaine, des peintures sur soie.
Nous reprenons la route une demi-heure plus tard pour le tombeau de Shi Haungdi, surnommé l'Empereur Premier.
Son tombeau n'a pas été ouvert mais on peut descendre sous terre l'admirer. Là encore, on est partagé. Il y a de belles reconstitutions avec des personnages habillés selon les canons de l'époque mais le tombeau lui-même nous fait penser Marion et moi à une crèche de Noël, tellement il y a des petites bougies et lumières tamisés pour éclairer des objets excavés.
Cet empereur a marqué l'Histoire de la Chine. Né en 260 av. J.-C., le prince Zheng accéda au trône de Qin à 13 ans et se révèla un stratège si brillant qu'en quelques dizaines d'années il fit de son royaume un empire. Les armées des états rivaux furent anéanties et leurs soldats décapités par milliers. Ce fut le prix à payer pour unifier les territoires.
C'est sous son règne que commença la construction de l'armée de terre cuite qui devait lui rendre hommage, ainsi que la construction du palais de Xianyang et celle de la Grande Muraille. Pas mal pour un seul homme!
La suite sera pour plus tard, je viens de perdre mon texte suite à une fausse manipulation sur l'ordinateur, je suis trop dépité pour recommencer et la nuit porte conseil.
Zài jian.
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